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        Patron cherche maçon...sans désespérer

article Ouest-France du 21 avril 2006

 

Patron cherche maçon... sans désespérer

Les maisons poussent comme des champignons, plus vite qu'on ne trouve de maçons pour les construire. Dorso se bat pour valoriser ce métier.

 

« La France a le moral dans les chaussettes, mais tout ne va pas si mal; je parle pour notre secteur en tout cas. Quand il y a du bou­lot, un patron embauche. Il n'a pas besoin de deux ans pour savoir si le salarié fait l'affaire. Pas chez nous, en tout cas... »  La crise du CPE a mis en lumière l'inadéqua­tion entre l'offre et la demande sur le marché de l'emploi. Jean Dumoulin, PDG des constructions Dorso à Berric n'était pas spéciale­ment intéressé par le dispositif  peu pertinent pour les entre­prises de bâtiment. « Ce que je sais, c'est que la pénurie de maçons peut freiner notre croissance. »

Le propos de cet entrepreneur de 50 ans, ni fataliste, ni alarmiste, se veut d'abord un constat volonta­riste.« Vendre une maison, ça n'est pas compliqué. Encore faut-il être capable de la construire. Je ne vais pas prendre plus de com­mandes que je ne peux en assu­mer. » Or les constructions Dorso naviguent sous des vents portants. «La maison individuelle se porte bien, reconnaît Jean Dumoulin. Entre 2004 et 2005, nous avons enregistré une croissance de 43 % en commande et réalisation de pavillons. Raison de plus pour créer de l'emploi, dans un secteur où l'activité n'est pas délocali­sable. »

« Les métiers de l'échec scolaire.. »

L'entreprise vient d'embaucher deux nouveaux salariés dans des métiers moins en crise que la ma­çonnerie : la charpente et la menui­serie. «Avec ces trois métiers, nous sommes au coeur de notre savoir-faire. Mais la difficulté à re­cruter se fait surtout sentir dans le gros oeuvre. » La faute à qui? Le dia­gnostic est connu. Le patron de Dorso le reprend à son compte. « ,La pénibilité, ou tout au moins la ré­putation que trimballent encore les métiers du bâtiment. Les mé­tiers de l'échec scolaire... »

 

Un an après le rachat de cette en­treprise familiale, Jean Dumoulin continue à mettre en oeuvre les re­cettes de la fidélisation. «  Un, on améliore les conditions de travail. Deux, on rémunère correctement. C'est un travail physique, c'est un fait. Je prends tout ce qui contri­bue à améliorer les conditions de travail: sur chaque chantier, une grue pour limiter les travaux de force, une cabane pour le confort des équipes, des tenues réguliè­rement renouvelées. Un accord d'intéressement a été mis en place. On ne devient pas million­naires en étant maçon, mais c'est normal d'être partie prenante de la bonne marche de l'entreprise. L'an dernier, l'intéressement a at­teint un mois et demi de salaire. »

Prévenir le départ des collabora­teurs, cela passe aussi par la for­mation et des perspectives de car­rière. « Sur les 34 ouvriers de la mai­son, 17 sont d'anciens apprentis. J'ai quatre maçons en apprentis­sage. Ils ont de sérieuses pers­pectives d'embauche. Sans compter l'évolution de carrière : on peut devenir chef d'équipe très jeune, voire conducteur de travaux. » En un an, l'entreprise de Berric a créé 10 emplois. Au 1° avril, elle a passé le cap des 50 salariés. Une étape plus qu'un objectif.

 

70 maisons en 2004, 100 en 2005

 

Créée en 1923, cette entreprise familiale prospère a été rachetée le 1° février2005, par Jean Dumoulin, ancien cadre d'une filiale de Bouygues. Spécialiste de la maison individuelle (maçonnerie, char­pente et menuiserie), Construction Dorso  a livré 70 maisons en 2004 et 100 en 2005, fai­sant progresser son chiffre d'af­faires de 43% (9,5 millions d’ euros en 2005 contre 6,4 millions en 2004). La zone d'influence s'étend de la rivière d'Etel à l'ouest à La Roche-Bernard et Guérande à l'est, jusqu'à Locminé et Ploërmel, au nord.

 

La société se prépare à ouvrir une agence rue Clemenceau à Auray. « La demande est forte, constate Jean Dumoulin. Mais les tensions sont de plus en plus fortes sur le foncier. Le littoral contraint à un développement raisonné. Les

communes veulent maîtriser leur développement notamment en raison du coût des réseaux d'as­sainissement. »

Le budget des ménages n'est pas non plus extensible. Jean Dumou­lin en convient. « Nous faisons de la maison personnalisée, mais nous sommes aussi présents sur le marché de la maison modèle à 100 000 €, clés en main ». Sans le terrain...

 

                                                                          Denis RIOU

La photo : Jean Dumoulin, PDG de Dorso (à droite), a recruté deux nouveaux ouvriers. Régis Cadoret 27 ans (à gauche), menuisier et Saliou Daffé, 25 ans, charpentier, ici aux côtés de Roger Cario, charpentier, ont rejoint l'entreprise au 1° avril. Ils portent l'effectif à 50 salariés.

 

 




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